Édito – mai 2018 « Sur la mer promise, mes rêves, ma voix à la dérive… »

Illustration actualité
Enfin libres !

Formidable nouvelle ! D’ici quelques semaines ou quelques mois au plus tard, chacun d’entre nous aura enfin « la liberté de choisir son avenir professionnel ».

Nous étions prisonniers, asservis, dans ce monde tout gris, sans aucun choix, sans aucune perspective professionnelle. Nous avions tout juste le droit, à l’heure de la promenade, de faire un petit stage, de long en large dans la cour du pénitencier virtuel de notre secteur d’activité. Nous apercevions à peine, à travers nos barreaux, cet horizon terne et bouché, ce no futur, no carrière, no réussite, no rolex…

Mais aujourd’hui, le gouvernement propose de réformer la formation professionnelle et plus encore il a décidé de mettre en place son projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Qu’elle délivrance ! Quels merveilleux moments ! Dans ce nouveau monde, nous serons tous bientôt libérés des carcans poussiéreux des anciens droits à la formation continue. Fini les vieux organismes de formations archaïques. Nous voguerons désormais à choeur ouvert « vers une nouvelle société de compétences » (c’est écrit comme ça dans le projet de loi !). Nous voilà bientôt tous compétents, efficaces, qualifiés, regorgeants d’aptitudes, en marche vers le résultat et le succès.

Bien sûr, on se demande comment nous allons faire, au milieu de toute cette liberté nouvelle, pour continuer à former les artistes. Et je crains bien que nous soyons peu nombreux à y prêter attention. D’ailleurs certains politiques essaient déjà, depuis quelques temps, de surfer sur l’ignorance ambiante, en annonçant vouloir « …supprimer les formations fantaisistes… » pour les artistes.

Je n’ai pas fait très longtemps l’artiste mais la petite phrase sibylline résonne encore à mes oreilles « Ha ! Vous êtes artiste ? Mais sinon, vous faites quoi comme métier ? »

Alors, en attendant ce « big bang » de la formation, je vous invite à vous libérer l’esprit, en venant écouter, du 4 au 8 juin 2018, à la Manufacture Chanson, Rosalie Hartog, Vaslo, Te Beiyo, Emmanuelle Cadoret, Valérian Renault, Mira Cétii, Gosia et Charly, dans le cadre de la 9ème édition du Festival Lâcher d’artistes, festival des artistes en développement issus des formations de La Manufacture Chanson.

Prochaine newsletter, courant juin ou début juillet,

Stéphane Riva

PS : une prochaine fois on pourrait aussi parler de la « meilleure effectivité des obligations liées à la recherche d’emploi » traduction en langage courant : Chômeurs ! Attention, voilà les sanctions.

L’image du mois : les artistes du dispositif « Voulez-Vous Coacher avec Moi ? »

Catégorie : Humeurs
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